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Game of Thrones – L’endettement public et la crise grecque

Promis, pas de spoil. Commençons large … Dans un univers fantasy, sur le continent de Westeros, plusieurs royaumes s’affrontent pour la conquête du Trône de Fer. Tous les personnages que l’on rencontre luttent pour obtenir ne serait-ce qu’une once de pouvoir, quels qu’en soient les moyens. C’est tout ? En TRES gros, oui.


Game of Thrones, Saison 3, Episode 3 (2013), HBO, David Benioff et D. B. Weiss

Dans cette scène, nous retrouvons dans ses quartiers notre cher Tyrion Lannister et son fidèle mercenaire, Bronn. Fraîchement nommé Grand Argentier du Roi, Tyrion étudie le travail de son prédécesseur, Petyr Baelish. Bronn a droit à une brève introduction aux principes de fonctionnement de l’emprunt bancaire. Si l’or coule à flots à Kingslanding, ce n’est pas grâce à la magie de Baelish, mais bien parce qu’il ne cesse d’emprunter de l’argent, à tel point que Tyrion voit poindre l’ombre menaçante du défaut de paiement (#PoornessIsComing).

On peut comparer la situation grecque à la situation de la couronne de Westeros avec Tywin Lannister dans le rôle de la Troika. La Banque de Fer de Braavos serait une métaphore de toutes les banques qui ont accordé un prêt à la Grèce. Comme la Couronne Westerienne, la Grèce emprunte de l’argent en partie à des banques commerciales par l’émission de Bons du Trésor. Avant la crise grecque de 2009-2010, cette dette était détenue en majeure partie par des banques à hauteur de 43%.

Dès 2010, la Troika, collaboration tripartite entre la Commission Européenne, la Banque Centrale Européenne et le Fonds Monétaire International, impose à la Grèce des mesures de politique économique pour rétablir l’équilibre de ses finances publiques en échange de prêts avantageux. Cette collaboration est comparable au comportement du patriarche Lannister. Il met sa fortune à disposition de la couronne de Westeros, très endettée auprès de la Banque de Fer, tout en s’assurant une main mise sur les décisions prises par le Roi, son petit-fils.

Retrouvez le panneau de l’exposition :  got

Texte et graphisme : Quentin Hellec