hunger-games-la-revolte-partie-2-photo-557709171a79c

Hunger Games – Les avantages absolus et comparatifs

L’héroïne, Katniss Everdeen, évolue au coeur d’une société post-apocalyptique, Panem. Hiérarchisée en 12 districts, elle est dirigée par un gouvernement répressif qui, après la rébellion et la destruction du 13ème district, instaure les Hunger Games. Tous les ans, chaque district y envoie une fille et un garçon. Les 24 participants se battent à mort dans une arène jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un seul survivant. Pour éviter ce sort à sa soeur, Katniss se porte volontaire à sa place lors du tirage au sort des Hunger Games. Elle y participe alors avec Peeta, le fils du boulanger du district 12.

Hunger Games, 2012, Réalisé par Gary Ross et adapté du roman de Suzanne Collins (2008)

Cette scène prend place dans l’arène des Hunger Games après les retrouvailles des deux tourtereaux et la remise sur pied de Peeta. Affamés (en même temps, pendant les Hunger Games, logique), ils partent en quête de nourriture dans la forêt. D’humeur cocasse, Peeta propose de partir chasser à l’arc à la place de Katniss, archère confirmée. Finalement, il part cueillir des baies et l’héroïne s’en va chasser le gibier. Après un coup de canon annonciateur d’un mort dans l’arène, Katniss se précipite à la recherche de son compagnon et trouve sur le chemin son blouson au sol rempli de baies … vénéneuses. Elle le retrouve deux pas plus loin, la fleur au fusil, les mains chargées de ces mêmes fruits. Décidément, chanceux mais pas doué ce Peeta.

Adam Smith, connu pour sa fameuse « main invisible » qui régit les marchés, explicite ce concept d’avantage absolu dans la Richesse des Nations en 1776. Il démontre que les pays ont intérêt à se spécialiser dans les productions qu’ils peuvent obtenir au coût le plus faible par rapport aux pays concurrents. Ce type d’avantage peut trouver ses origines dans les conditions naturelles (facilité d’accès aux produits miniers ou agricoles), dans des coûts de production faibles (travail, matières premières) ou encore dans la forte productivité de certains facteurs de production.

Peeta en est conscient, Katniss dispose d’un avantage absolu dans la chasse. Chacun avec un arc dans les mains, Katniss mettrait 20 flèches dans le mille en 1 minute et Peeta 10 minutes à comprendre comment fonctionne un arc. Pour la cueillette, bien que Peeta ait récolté des baies vénéneuses, il a tout de même été très rapide. Il lui faut donc peu d’effort pour en récolter un grand nombre. Ainsi, chacun dispose d’un avantage absolu : l’une dans la chasse, l’autre dans la cueillette. Ils ont donc clairement intérêt à échanger leurs productions.

Mais qui dit que Katniss serait lente à la cueillette ? D’autant plus qu’elle sait distinguer les bonnes des mauvaises baies. Il pourrait donc lui falloir moins de temps pour ramasser des fruits comestibles que son acolyte. Katniss dominerait alors tous les secteurs de production : la chasse et la cueillette. C’est là que la théorie de Smith a ses limites. Ricardo vient nous éclairer avec celle des avantages comparatifs, ça tombe bien ! Pour lui, même si un pays n’a pas d’avantage absolu, il a quand même intérêt à se spécialiser dans le secteur de production où il est relativement meilleur. Bien que Katniss soit performante dans la chasse et dans la cueillette, son domaine de prédilection reste la traque à la volaille. #KFC Elle devrait courir après le gibier et laisser Peeta se charger de la cueillette. Il reste assurément plus performant dans la récolte de baies que dans la chasse. Ainsi, bien que ne disposant d’aucun avantage absolu comparé à Katniss, Peeta détient finalement un avantage comparatif en cueillette, surtout s’il a compris la leçon de Katniss sur les baies vénéneuses. Ainsi, Katniss et Peeta ont raison d’échanger la production dans laquelle ils sont les plus efficaces. Et puis qui dit que Peeta n’a finalement pas un avantage absolu, si l’on considère l’utilité que ces baies empoisonnées finissent par avoir ? #PromisC’estQueDuTeasing #PasDeSpoil

Retrouvez le panneau de l’exposition :  hg

Texte et graphisme : Quentin Hellec