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Le Roi Lion – Le planificateur central

Sur le podium des films d’animation les plus marquants pour toute une génération, Le Roi Lion s’ouvre sur l’effervescence d’une Terre des Lions qui célèbre la naissance de l’héritier du trône de Mufasa et Sarabi. Nous découvrons le jeune Simba faire ses premiers pas de monarque en devenir. Mufasa, véritable modèle pour son fils, règne avec bienveillance et se soucie du bien-être de chacun des sujets de son royaume. L’exemple parfait du concept de planificateur central, en somme !


Le Roi Lion, 1994, produit par Walt Disney Pictures et réalisé par Roger Allers et Rob Minkoff

L’oncle jaloux et maléfique de Simba, Scar, ne se fait pas à l’idée que son neveu, Simba, prenne un jour la tête du royaume. Mû par la jalousie et aidé par son armée de hyènes, il se débarrasse de Mufasa (#Traumatisme) et contraint Simba à l’exil. Une nouvelle ère débute alors : Scar s’empare du trône. Loin d’être aussi noble, tolérant et magnanime que son frère, il conduit la Terre des Lions vers une fin certaine. Plutôt que de penser au bien-être général de ses semblables ainsi qu’à celui des autres animaux, il préfère se tailler la part du lion et en accorder une partie à la horde de hyènes qui lui a permis de siéger au sommet du rocher de la fierté.

C’est de cette différence de gouvernance que l’on peut identifier un concept assez particulier qui nous permet de modéliser certaines théories néoclassiques de la croissance économique : le planificateur central. Il intervient lorsque l’on parle d’économie centralisée avec pour décideur public une unique personne. Celle-ci serait en quelque sorte omnisciente : elle est capable de tout voir, tout entendre, tout savoir. Ce planificateur central, couramment nommé « dictateur bienveillant » agit de façon à ce que ses sujets puissent subvenir à tous leurs besoins. En économie, on dit alors que chacun des agents maximise son utilité. Bien entendu, un gouverneur tel que celui-ci n’existe pas dans notre monde, cependant, il permet de simplifier la modélisation et la compréhension de notre économie.

Nous pouvons ainsi comparer Mufasa, notre défunte majesté, à ce planificateur central qui ne pensait qu’à la bonne tenue de « la ronde de la vie, de ce cycle éternel » qui s’apparente ici au système économique. A contrario, lorsque Scar s’empare du pouvoir, il n’a pas la connaissance parfaite qu’avait Mufasa de la nature (la structure de l’économie) et des citoyens (les agents économiques). Ce qui fut autrefois une resplendissante savane connait alors une crise où la nourriture et végétation ont disparu. Scar se montre alors sous son véritable jour, celui d’un dictateur individualiste …

Retrouvez le panneau de l’exposition :  lrl

Texte : Ted Rangapanaiken
Graphisme : Quentin Hellec