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Les Simpson – Le passager clandestin

En 1989, Matt Groening donne naissance aux Simpson, la fameuse famille de la classe moyenne américaine héroïne de la série d’animation du même nom. Depuis, les saisons s’enchaînent, toujours plus satiriques et révélatrices du mode de vie occidental.

Les Simpson, 1990, Saison 2 Episode 19, créé par Matt Groening

Revenons ici à leurs débuts, au 19ème épisode de la saison 2 diffusée en 1990. Comme dans tous les épisodes, on suit deux histoires relativement distinctes. En premier lieu, Lisa, cadette des Simpson, tombe sous le charme de son professeur remplaçant. La deuxième histoire, celle qui nous intéresse, raconte les élections du président de la classe de Bart, l’aîné. Il essaye de se faire élire face à Martin, archétype de l’intello chouchou des instituteurs. Au vu de sa grande popularité et également face au manque flagrant de cote de son adversaire, les sondages donnent Bart grand gagnant. Et pourtant, les élèves sont tellement certains de sa victoire qu’ils ne prennent pas le temps de voter à la récréation et Martin est élu président à l’unanimité des … deux votants, son ami et lui.

Bart et ses copains adoptent le comportement du « passager clandestin », également appelé « free-riding ». Ce problème a été modélisé par le socio-économiste américain, Mancur Olson, en 1965. Il enrichit ainsi la théorie de l’action collective qui peut être appliquée à la sociologie, l’économie, la politique, etc. Cela se décline parfaitement aux biens publics, autrement dit les biens et services non-rivaux et non-exclusifs. En bref, tout le monde a la possibilité de profiter des biens publics comme l’est la défense nationale par exemple. Concernant les passagers clandestins, on ne se bat pas tous et, pour autant, on profite tous de la paix qui en résulte. On peut également appliquer cette notion à l’entreprise et au syndicalisme. Les travailleurs qui bénéficient d’une hausse de salaire dans une entreprise n’ont pas eu intérêt à se mobiliser individuellement pour l’obtenir en raison de coûts trop importants (perte de rémunération, risque de licenciement, etc.). Certains d’entre eux ont pu se syndiquer et participer ainsi à l’effort, les autres non. Ce sont ces derniers que l’on peut qualifier de passager clandestin.

Pour revenir à l’épisode des Simpson et l’aligner avec la théorie des passagers clandestins, les élèves de la classe de Bart pensaient pouvoir profiter au maximum de l’élection de Bart sans avoir à faire l’effort de voter pour que cela se réalise, comme si le vote des autres allait être suffisant. Bart n’a plus que ses yeux pour pleurer : personne n’est allé voter à la récréation. Pas même lui … pensant que seules trois voix suffiraient à être élu président de la classe, il n’a pas envisagé sa défaite. Tous ont préféré jouer au passager clandestin : celui qui ne contribue pas par l’investissement de son temps et de son effort mais qui profite quand même des retombées positives de l’action des autres. En définitive, ne pas voter, c’est fauter ! #2017

Retrouvez le panneau de l’exposition :  simpson

Texte et graphisme : Quentin Hellec