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Star Wars, épisode III : La Revanche des Siths – Les prophéties auto-réalisatrices

Acclamé davantage pour son duel au sabre que pour la qualité de son scénario, cet opus a néanmoins le mérite de nous offrir un cas d’école sur l’une des moult bizarreries dont recèle la théorie économique. Vous vous êtes arrachés les cheveux devant la psychologie douteuse d’Anakin Skywalker et son passage du côté Obscur ? Pas de panique, cela prend une toute autre dimension à la lumière d’un éclairage socio-économique.

Star Wars, épisode III : la Revanche des Sith, 2005, réalisé par George Lucas

Lors de la bataille de Coruscant, Anakin a arraché le Chancelier Palpatine des griffes des séparatistes et rétabli un semblant de paix dans la République. Il vit une idylle secrète avec son amour de toujours, Padmé Amidala qui attend même son premier enfant. Tout semble donc lui réussir, jusqu’à cette nuit funeste où il assiste, en songe, au décès de sa chère et tendre. Inquiet de l’éventuel caractère prémonitoire de ce rêve, il va chercher par tous les moyens à déjouer la mort. Ne pouvant se tourner vers les Jedi qui condamneraient leur union, son désespoir l’amène à se rapprocher du chancelier qui semble initié plus qu’il n’y paraît aux sombres arcanes de la Force. Se révélant à lui comme un maître du côté Obscur, il lui laisse miroiter la promesse d’une vie éternelle. Crédule, il accepte et devient Dark Vador. Suite à sa défaite contre son ancien maître, il endosse l’armure qui le rendra macabrement célèbre. Incapable de le raisonner, Padmé se laisse mourir de chagrin et décède après son accouchement. Ainsi, en œuvrant de toutes ses forces à sauver sa femme, Anakin est devenu l’instrument même de son trépas.

En économie, cela arrive parfois, sans prendre de tournure aussi dramatique, rassurez-vous ! On parle alors de prophétie auto-réalisatrice, lorsqu’une annonce impacte les anticipations ou les comportements des agents de telle sorte que se réalise ce qui a été annoncé. C’est très fréquent dans le monde de la finance par exemple ! Suite à une rumeur de baisse du prix d’un titre, un investisseur aura ainsi tout intérêt à le vendre immédiatement, afin de se prémunir contre sa perte de valeur. Si chaque investisseur suit le même raisonnement, l’offre globale autour de ce titre augmentera, entraînant une baisse de son prix. En ce sens, la rumeur, qu’elle soit fondée ou non, s’auto-réalisera.

Un proverbe boursier préconise d’ailleurs de mieux se tromper avec le marché, que d’avoir raison tout seul. Même si vous faites partie de l’infime minorité des gens qui « savent » que cette rumeur est bidon, vous jouerez toujours contre l’écrasante majorité de ceux qui ne connaissent rien à l’économie et qui, de fait, adopteront, par pur instinct grégaire, le même comportement propice à ce que la rumeur se réalise. Comme quoi que ce soit sur Terre, ou dans une galaxie lointaine, très lointaine, on n’est pas à l’abri des mêmes erreurs …

Retrouvez le panneau de l’exposition :  sw

Texte : Antoine Port
Graphisme : Quentin Hellec